Mercredi 8 novembre 2006

« Si le Président de la République n’a pas la conviction et la force politiques suffisantes pour affirmer sa volonté politique et pour convaincre ses partenaires, c’est la France qui est affaiblie»

 

Dominique Strauss-Kahn a depuis longtemps exprimé une conception renouvelée de la fonction présidentielle. Le Président de la République doit être un acteur essentiel de notre démocratie parlementaire et non plus le monarque républicain d’antan ni l’arbitre passif d’aujourd’hui qui se contente de fixer les grandes orientations sans s’impliquer ni véritablement s’engager. Il doit être un visionnaire qui indique une direction pour le pays, qui agit, qui tranche, qui porte une politique comme le font les dirigeants des grandes démocraties tels le Président des Etats-Unis, le Premier ministre britannique ou le Chancelier allemand. Cette conception de la fonction présidentielle est d’autant plus nécessaire que dans le monde d’aujourd’hui, les décisions qui engagent la France sont prises dans les grandes réunions européennes et internationales. C’est le Président de la République qui y représente la France. Or, s’il n’a pas la conviction et la force politiques suffisantes pour affirmer sa volonté politique et pour convaincre ses partenaires, c’est la France qui est affaiblie.

Dominique Strauss-Kahn est le seul des trois candidats à défendre cette conception qu’implique désormais le quinquennat. Cette fonction présidentielle renouvelée doit s’accompagner d’un rééquilibrage nécessaire de nos institutions en faveur du Parlement. L’instauration du mandat unique pour les parlementaires, réforme radicale pour instaurer un parlementarisme rénové, leur donnera les moyens d’exercer pleinement leur fonction législative et leur fonction de contrôle de l’Exécutif, conditions indispensables pour mettre fin au divorce civique qui existe entre nos concitoyens et leurs institutions. Si le projet de notre parti a inscrit ces propositions novatrices, c’est parce que Dominique Strauss-Kahn en a été le promoteur et je pense qu’il est le mieux à même de les réaliser.

 

Monique GARRET

 

par Monique Garret publié dans : Institutions
Vendredi 3 novembre 2006

« Il ne faut pas confondre démocratie participative et démocratie d'opinion »

 

On parle beaucoup dans cette campagne interne de démocratie participative. Oui, il faut renforcer la participation des citoyens. Mais il ne faut pas confondre « démocratie participative » et «démocratie d'opinion ». La première, celle que veut développer DSK, est un encouragement à s'engager dans tous les corps intermédiaires (partis politiques, syndicats, associations, mutuelles, conseils de quartier ou d’usagers...) qui sont des interlocuteurs privilégiés du pouvoir politique. La seconde fait appel à chaque individu, en dehors de tout engagement collectif. Elle laisse entendre que chacun est un « expert », à lui seul garant de l'intérêt général.

Partir des sondages pour avancer des propositions n’est pas ma conception de la politique. Je m’interroge, comme beaucoup d’entre vous, sur la méthode qui consiste à tester des idées, avant de nuancer le propos, de le démentir, voire de le contredire. On a vu ainsi une proposition sur «l’encadrement militaire » des primo délinquants se muer en « encadrement humanitaire » tandis que les « jurys populaires » pour « surveiller les élus » devenaient des «panels de citoyens » chargés d’ « évaluer les politiques publiques ». Cette proposition de « jurys de citoyens » est une idée aussi inefficace que dangereuse pour la démocratie. Bien sûr, il faut que les élus rendent des comptes régulièrement au cours de leur mandat et que les citoyens soient consultés. Cela se fait déjà, notamment à Paris, avec Bertrand Delanoë. Nous devons le généraliser. Mais il faut éviter la suspicion permanente à l’égard des élus qui fragilise la démocratie.

Il faut cesser de croire que l’on peut tout régler par la loi. Cela passe par la réhabilitation de la négociation et du compromis. Cela se fait depuis longtemps chez nos voisins d’Europe du Nord. C’est cela la véritable démocratie participative. Le « pacte de l’Elysée » que propose DSK en est une parfaite illustration : dès le lendemain des élections, il réunira autour de la table tous les partenaires sociaux pour avancer sur les retraites, le pouvoir d’achat, l’emploi, la sécurisation des parcours professionnels. Dans une République rénovée, l’impulsion doit venir du Président de la République, mais les solutions durables sont collectives !

 

Fabrice VIDAL

par Fabrice Vidal publié dans : Institutions
 

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