Dominique, cher camarade, J’ai lu avec attention ta profession de foi et je dois dire que j’ai repris confiance. J’ai repris confiance en la politique. J’ai repris confiance en notre parti. J’ai repris confiance en l’avenir.
J’ai repris confiance en la politique parce j’ai, enfin, entendu un homme politique au sens noble du terme. Un homme qui sait aller droit au but sans fioritures, sans mettre son charme en avant (bien qu’il soit, et c’est tant mieux, un vernis fort utile) comme atout maître, sans exagérations ni démagogie.
J’ai repris confiance en notre parti parce que j’ai pu être fier de ce que le PS pouvait produire comme maîtres dans l’art politique. Nous avions eu une opposition entre pairs entre François Mitterrand et Michel Rocard, je regrette que tu n’aies pas ton rival pour faire bonne figure, mais je te sais gré d’être bien là.
J’ai enfin repris confiance en l’avenir parce que je sais qu’avec toi nous pouvons compter sur un président constant, fidèle à sa parole et à ses convictions. Certain(e)s suivent les sondages ou en profitent, je ne doute pas que tu les commanderas. Je veux croire que nos concitoyens sauront être convaincus par un discours réaliste, construit et argumenté, plus que séduits ou trompés. Je veux croire que face à l’UMP et son président ils sauront se tourner vers un homme de confiance, zélé et compétent en tant que ministre, probe et droit quand l’honnêteté lui commandait de quitter ce poste.
Mais plus que tout, je reprends confiance quand je vois qu’un homme politique avisé saura éviter à la gauche les écueils du passé, et les défaites encore présentes. Certains diront que tu ne nous fais par rêver dans ta profession de foi. Certes, tu ne nous annonces pas la fin de la misère, l’éradication de l’exclusion, la sortie de la crise. Au contraire, tu nous parles de la misère grandissante, de l’exclusion toujours plus intolérable et des nombreuses crises qui nous guettent. Tu conclus par ces deux mots, ces deux grands mots : vérité et respect. Je ne veux pas d’une candidate qui fait rêver à la victoire sans rien savoir de ce qui suivra, ou d’un candidat qui vend des idées de rêves mais dont on connaît la dure réalité qui suivra. A la vérité des constats, tu ajoutes le respect des militants, en leur disant ce qui est faisable.
L’exemple le plus frappant à mes yeux concerne la fiscalité. Je veux au passage répondre à ceux qui disent qu’il ne suffit pas d’être un économiste de renom pour être un bon président. C’est vrai, l’Histoire l’a montré. Mais, d’une part, cela peut aider, ensuite tu n’es pas qu’un économiste de renom. Et sur la fiscalité, l’ensemble fait système. Les autres candidats peuvent pérorer sur des propositions sans en donner le coût. Avec toi nous savons que nos moyens seront importants. Nous pouvons espérer composer avec la conjoncture internationale pour obtenir la meilleure croissance possible. Et des fruits de cette croissance, nous savons aussi comment ils seront transformés et employés.
Tu fustiges la proposition de Nicolas Sarkozy de supprimer l’impôt sur les successions. Mais je sais aussi que tu parles depuis longtemps des niches fiscales et des innombrables combines qui permettent de s’affranchir de la fiscalité au point que, contrairement aux idées reçues, les prélèvements pèsent bien plus sur un ménage modeste que sur un nanti, et que c’est la classe moyenne qui paye pour les autres et ne reçoit rien en retour.
Aussi je sais que tu sauras, sans effrayer, « prendre l’argent où il se trouve », réduire les inégalités et alléger le fardeau de la masse moyenne qui se sent lésée.
Je sais qu’ainsi les plus démunis auront plus de moyens redistribués, les « moyens » se sentiront moins chargés et les riches y gagneront en honneur, car c’est un honneur et même un devoir que de contribuer à hauteur de ce que la Société nous offre au bien être de l’ensemble de celle-ci. En cela je retrouve les idéaux de la Cité et de la République qui sont les fondements et de notre Nation et de notre Socialisme.
La Sociale-Démocratie, c’est produire des richesses pour avoir les moyens de politiques justes et profitables à tous qui en sont le but. Je ne peux qu’adhérer à ce projet aussi fort qu’il peut devenir réalité à chaque instant. Alors oui, avec toi je veux dire : le social comme priorité, la démocratie comme méthode. Parce que c’est cela notre République gouvernée par les Socialistes de l’action et de la vérité. Parce que ce ne sont pas de beaux discours qui flattent l’intellect des militants trop éloignés de la misère, mais des actes en devenir qui seront une égalité réelle, une liberté réelle, des résultats bien sensibles à ceux pour qui nous nous sommes tous engagés.
Benoît Schmaltz
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